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Le XXIe siècle : L’ère de l’établissement du droit et de la légalité

Éditorial de la revue « Le Vœu d’Ararat » («Ուխտ Արարատի»), n° 1 (15), février – mars 2008, p. 1-7

«La responsabilité principale du déclin civilisationnel de l’Asie occidentale incombe tout simplement à Rome.» Hakob Manandyan, «Tigran II et Rome», Éditions Armfan, Erevan, 1940, p. 11.

«Si vous posez des questions sur l’Arménie n’importe où en Allemagne, vous verrez surtout des visages confus et entendrez rarement une réponse. «L’Arménie, qui sonne la cloche…?». Wolfgang Kashuba, «Identity Politics. Le cas arménien, L’Arménie sur la route de l’Europe», « Antares», Erevan, 2005, p. 104.

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Ayant survécu aux Première et Seconde Guerres mondiales du XX siècle et au génocide perpétré contre les Arméniens et d’autres peuples, il n’est pas difficile d’imaginer l’immense catastrophe qui menace l’humanité à l’aube d’une nouvelle guerre dévastatrice. Le cours actuel des événements, marqué par la turbulence, n’offre aucune garantie d’optimisme.

Il est clair que le seul moyen d’éviter toutes les guerres, majeures ou mineures, les génocides et autres crimes contre l’humanité demeure le respect des normes juridiques internationales, clairement formulées dans les Principes fondamentaux des Nations Unies et inscrites dans des déclarations et des conventions. En cas de violation flagrante et d’exploitation de ces normes, le peuple arménien a maintes fois documenté ses actions. La viabilité est un sujet d’actualité, mais aujourd’hui, il s’agit déjà du sort de l’humanité, menée à sa perte. La communauté internationale sera-t-elle capable de se réorganiser, d’affronter et de mettre fin à cette grande catastrophe qui menace déjà l’existence de toute l’humanité et qui donne l’impression d’un complot savamment orchestré ?

– Troisième Guerre mondiale. Entre 1990 et 1995, le débat en science politique portait sur le processus délibéré de transformation globale du monde, façonné par une pensée pathologique, qui devait, à son apogée, être précédé par la Troisième Guerre mondiale suite à la neutralisation de l’ONU. De 1990 à nos jours, toutes les analyses des politiques intérieures et étrangères menées par les superpuissances et certains pays sont cependant dévalorisées par rapport aux propositions du candidat à la présidence américaine McCain, selon lesquelles l’ONU devrait être remplacée par une nouvelle structure internationale appelée Ligue des Démocraties, et la Géorgie, l’Ukraine et le Kosovo devraient être intégrés à l’OTAN. En d’autres termes, le scénario de la Seconde Guerre mondiale se répète. Simplement, parallèlement à l’escalade des tensions dans les Balkans, Le plan visant à attiser les conflits en mer Noire, dans le Caucase et au Moyen-Orient est également mis en œuvre. Cela ne débutera pas avant avril, car, selon les déclarations du président français Sarkozy, le processus de transformation de l’Union européenne en superpuissance devrait être achevé en mars. Autrement dit, l’objectif principal de la révolution au ralenti des peuples européens dupés, orchestrée depuis 50 ans par le projet d’Alan Dulles, se dévoile : faire de la région européenne une superpuissance unique. Les instigateurs doivent, avant tout, provoquer une Troisième Guerre mondiale afin de contraindre les nations et États européens disposant de forces militaires au Kosovo qui tenteraient d’entraver le plan et de s’opposer à la volonté du régime supranational de l’euro-superpuissance.

Concernant les États-Unis d’Afrique et du Moyen-Orient, ainsi que les conflits, les processus militaro-politiques et autres processus terroristes qui les provoquent, vous trouverez des informations à ce sujet dans les numéros précédents de notre revue (voir n° 10, 11, 12 et 13).

Dans ce contexte, nous estimons dangereux qu’après les élections présidentielles russes, la politique étrangère de la Russie puisse évoluer vers une stratégie d’auto-isolement bénéfique à l’Occident (comme si l’on disait : « Nous n’intervenons pas en Russie, et que la Russie n’intervienne pas en nous »). Cependant, il est évident qu’avec l’escalade des conflits, la Russie sera néanmoins entraînée dans le chaos. Cette fois-ci, au lieu de l’Allemagne, ce sont les États-Unis qui jouent le rôle d’instrument de manipulation, alors même que leur politique étrangère, de toute évidence, ne correspond pas aux intérêts de l’État et du peuple américains. Comment un État aussi puissant peut-il se laisser si facilement contrôler par d’autres ? La réponse se trouve dans la Constitution américaine, notamment dans les articles relatifs au président et aux lois de l’État.

Le principal stratagème pour entraîner involontairement de nombreux pays dans des conflits est, une fois de plus, la grande crise économique mondiale créée de toutes pièces, qui, en réalité, se déroule depuis les 17 et 18 janvier 2008. Elle engendrera d’abord un chaos économique mondial, puis une guerre mondiale, dont les pertes permettront, comme une solution miracle, de présenter ouvertement l’idée saugrenue d’un gouvernement mondial. Tel est le plan, et l’avenir nous dira ce qu’il en adviendra.

– La question de la dissolution de l’ONU, à l’instar de la Société des Nations, se pose. Ce n’est pas un hasard si, de 1992-1993 à nos jours, le bureau de l’ONU à Erevan n’a joué qu’un rôle informatif, alors qu’un statut et des pouvoirs plus importants seraient nécessaires, compte tenu de l’activité militaro-politique dans la région. Dès lors, on peut affirmer que l’ONU ne remplit pas sa véritable mission en Arménie : elle s’occupe de questions telles que le tabagisme, le planning familial, les droits des femmes et des enfants, les sectes religieuses et les droits humains européens. Quant à la Banque mondiale, parmi les structures onusiennes, elle s’intéresse aux problèmes de corruption planifiée au sein du système éducatif arménien. Cela dit, les citoyens arméniens, forts de leur expérience directe, ne perçoivent pas l’ONU comme une structure juridique internationale sérieuse. Au contraire, de nombreuses structures et agences étatiques et non étatiques de l’Union européenne et des États-Unis sont très actives en Arménie. Une fois de plus, comme dans les années 1930, la question de l’élimination de toute pensée progressiste et éclairée, ainsi que des normes juridiques internationales, se pose. Le problème de la transformation de la Cour internationale de Justice des Nations Unies en une structure servile, la vidant de toute substance juridique, est préoccupant. La neutralisation de la Société des Nations a permis de déclencher la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, à la veille d’une Troisième Guerre mondiale, la logique des mesures prises depuis 1995 pour saper le rôle et l’importance de l’ONU devient pleinement compréhensible. Par exemple, malgré le refus de l’ONU, les États-Unis et le Royaume-Uni envahissent l’Irak. Le représentant de l’ONU refuse de servir en Afghanistan. Les missions et bureaux de l’ONU sont démantelés un peu partout. Enfin, l’une des mesures récentes les plus inquiétantes – concernant le Kosovo – est que, contrairement à la Charte, le Conseil de sécurité de l’ONU tente de céder ses pouvoirs à l’Union européenne.

– République du Haut-Karabakh, Kosovo. La reconnaissance de l’indépendance du Kosovo ne saurait servir d’exemple pour celle de l’Artsakh, tant les réalités sont contradictoires (voir Yu.G. Barsegov, <i>Force obligatoire du droit des peuples à l’autodétermination et moyens de sa mise en œuvre</i>, Moscou, 1993, MGFA, p. 34). La question de l’Artsakh est une question légitime de libération de l’occupation, régie par les normes du droit international. Au Kosovo, la situation est inverse : des étrangers, les Albanais, s’y sont installés depuis 1945, à la suite d’une expansion pacifique préméditée, une invasion, et, dans le contexte du démembrement forcé de la Yougoslavie, les Serbes ont été expulsés de force du territoire, devenant majoritaires. Cette situation rappelle d’ailleurs le projet d’accord criminel URSS-Azerbaïdjan de 1921 concernant le Nakhitchevan, qui, en revanche, a échoué en Artsakh. Autrement dit, le problème au Kosovo est de violer le droit international, de s’emparer et de diviser des territoires, et non de les libérer. Parallèlement, on contraint les nations à oublier la notion de patrie, on tente d’effacer de la mémoire collective les valeurs sacrées de nation, de famille et de patrie. Or, puisque, selon les lois de la nature, les nations ne peuvent oublier leur identité ni abandonner leur patrie, on considère la destruction non seulement des valeurs physiques, mais aussi des valeurs morales, spirituelles et civilisationnelles de toutes les nations anciennes comme un moyen d’y parvenir.

– Génocide moral. Citons deux exemples : 1. La vente aux enchères de plusieurs dizaines d’églises chrétiennes dans les pays européens, plus destructrice encore que l’athéisme militant. 2. Les attaques de caricaturistes européens contre les saints et les lieux saints de l’islam, qui, outre le fait de semer la haine, conduisent également les chrétiens européens à la dégradation morale.

– Génocide culturel. Tel est l’objectif principal de la politique qui a conduit au premier crime contre l’humanité du XXe siècle : le génocide arménien de 1915-1923. Un génocide culturel est perpétré contre toutes les civilisations anciennes, toutes les cultures des nations anciennes. Les exemples sont nombreux et partout. N’oublions pas l’Afghanistan, la destruction de statues de Bouddha par les talibans pour des raisons inconnues, le pillage de collections archéologiques entières à Bagdad, la destruction de khatchkars arméniens à Nakhitchevan avec la complicité de l’armée azerbaïdjanaise, le bombardement et la destruction de monuments arméniens par l’armée turque, la destruction de monuments serbes au Kosovo, et l’incendie criminel absurde de la Porte Sud, haut lieu spirituel de la Corée du Sud, pour des raisons et sur ordre qui restent un mystère. Les cas de ce genre sont nombreux, surtout ces cinquante dernières années. Ce vandalisme planifié a un début, et son objectif est clair, comme l’exprimait l’explorateur anglais Lawrence d’Arabie : « …comme les Arméniens, comme toutes les nations antiques qu’il faut anéantir », mais la fin n’est pas en vue. Ce programme inclut également la manipulation et la falsification de l’histoire des civilisations et des nations antiques.

– Nouvelles menaces internationales et nouveaux instruments de violence. Au cours des trois derniers millénaires de l’histoire humaine, le soi-disant « terrorisme international » constitue un phénomène criminel sans précédent par sa forme et son ampleur. Les raisons de son émergence ne sont pas analysées en détail. Le contenu et les objectifs des actions entreprises ne sont guère plus convaincants. Il est d’autant plus troublant de comprendre pourquoi les dirigeants, les hommes politiques et les politologues gardent le silence alors que la véritable raison de la création de cet instrument criminel est connue. Cette raison tient au fait que les peuples, même des pays occidentaux les plus belliqueux, sont opposés à la violence et ne souhaitent pas la guerre. Cela est devenu évident après la Première Guerre mondiale, lorsque les populations des pays impliqués dans ce carnage mondial n’ont jamais compris qui combattait qui, ni pourquoi… ni à quoi servaient toutes ces pertes et ces tragédies. En déclenchant la Seconde Guerre mondiale, sachant pertinemment que les peuples étaient en réalité opposés à ce nouveau conflit, ils ont donné naissance au fascisme, au soi-disant national-socialisme, qui, en fait, s’opposait au socialisme international. C’est pour éviter l’asservissement du monde que les peuples ont combattu et vaincu. Quant à l’occupation et à l’asservissement des pays européens par le fascisme, ils n’ont servi qu’à convaincre les peuples européens de la nécessité de créer un État paneuropéen, une idée qui a été développée avec succès au cours des quarante dernières années.

Aujourd’hui, la réalité est différente. Il n’est plus possible de tromper les peuples de la même manière. C’est pourquoi, sous couvert de « terrorisme international », tout le potentiel des armées et des services spéciaux a été dirigé contre la population, les masses populaires, dans presque tous les pays. Autrement dit, il fallait montrer aux peuples qui aspiraient à vivre en paix et en toute indépendance que, malgré la présence des forces de l’ordre et des structures de sécurité de l’État, ils étaient totalement sans défense, même chez eux, car ils risquaient une explosion de gaz ou un incendie, dans les transports, qui pouvaient également exploser, ou encore à l’extérieur, dans les lieux publics, les maternités, les crèches et les écoles. Une telle cruauté inhumaine est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Le « terrorisme international » est organisé par certains services spéciaux qui manipulent l’environnement mondial et disposent de fonds considérables. Malheureusement, certaines autorités et des éléments criminels de plusieurs pays contribuent également à sa mise en œuvre. Ce n’est pas un hasard si le terrorisme, qui faisait rage contre la population dans la Russie de Boris Eltsine, a fortement diminué sous le régime de Vladimir Poutine. En Europe, ce phénomène se manifeste dans un pays dont le dirigeant ou le peuple s’oppose, sur certains points, à la création d’un État commun appelé Union européenne. Concernant le 11 septembre, des sources américaines indiquent que les véritables organisateurs seraient à rechercher au sein des services spéciaux du pays. C’est une vérité bien connue, vieille de plusieurs millénaires : aucun individu patriote et nationaliste, motivé par une lutte de libération nationale ou d’autres causes, ne saurait tuer des personnes pacifiques et sans défense, en particulier des femmes et des enfants. Il s’agit d’un nouveau type de tueurs à gages, des criminels à leur égard, envers lesquels, soit dit en passant, les droits de l’homme européens exigent la clémence et l’absence de peine de mort.

– Le changement climatique. Bien sûr, il s’agit d’un processus naturel, avec l’effet de serre, mais aussi d’une attitude indifférente et irresponsable face aux problèmes urgents de la nature et de l’humanité. Cependant, il y a aussi la question de l’utilisation d’armes météorologiques, conditionnée par un facteur politique. N’est-il pas étrange qu’aucun analyste au monde n’aborde les faits concernant l’utilisation de ces armes, alors que les États-Unis les ont utilisées pendant la guerre du Vietnam ? Rappelons-nous également le traité américano-soviétique de 1968 sur la non-utilisation d’armes météorologiques et géophysiques (météo artificielle, tsunamis, tremblements de terre). Il est clair qu’au cours des 40 dernières années, ces armes sont devenues plus performantes. Pourquoi sont-elles également utilisées en Europe ? Parce que l’Europe doit devenir un État commun, une superpuissance. Cette arme contribuera à convaincre les Européens, par exemple les Espagnols, les Portugais, les Grecs, les Allemands et les Anglais, qu’il est impossible de faire face seuls aux catastrophes « naturelles ». Une sécheresse survient, puis les forêts brûlent ; ou bien une saison des pluies arrive et les récoltes sont perdues, et des blizzards et des gelées inhabituelles pour la région se produisent. En conséquence, l’Union européenne, en « bon oncle », vole à la rescousse et déploie une propagande adéquate pour affirmer que seule l’appartenance à un État commun peut nous protéger de tous ces aléas. Une chose est claire : si, avant l’effondrement de l’URSS, l’URSS et l’OTAN possédaient cette arme, alors, après l’effondrement de l’URSS, son « monopole » appartient à l’OTAN. Il n’est pas surprenant que les médias entretiennent l’idée fausse que l’existence de telles armes est improbable.

– Mondialisation ou puissance mondiale ? L’exploitation des ressources naturelles se fera par le biais de la Ligue démocratique et d’autres technologies modernes de domination mondiale, d’ouverture des frontières et de programmes visant à conférer la souveraineté aux communautés. Conformément à certaines dispositions de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones du 17 septembre 2007, on tentera d’accumuler les richesses naturelles de la planète entre les mains de sociétés supranationales et supraétatiques, ainsi que du capital. Ceci est confirmé par le projet de Constitution de la République d’Arménie (RA) de l’Union européenne, rejeté à deux reprises par notre peuple, qui définit la politique à appliquer à la RA à l’avenir. De larges droits de propriété et de souveraineté sont accordés aux communautés, les transformant en autorités indépendantes, distinctes des autorités étatiques.

Par ailleurs, M. Bukigo, président de la Commission européenne de Venise, se réjouit de l’adoption de la nouvelle version de la Constitution de la RA et propose désormais ses services pour le règlement « juridique » de la question du Haut-Karabakh…

– La fin peu glorieuse des États-Unis en tant que superpuissance. Il y a eu une première tentative : la crise économique artificielle et savamment orchestrée de 1929. Le même processus est à l’œuvre. Malgré la tentative historiquement réussie de Franklin Roosevelt pour sauver les États-Unis, on considère qu’il n’y a plus d’issue. Avant cela, il faudrait provoquer une guerre avec l’Iran, en espérant qu’elle s’étende à tout l’Orient, selon la carte de Ralph Peters, où les États-Unis bénéficieraient d’un soutien massif de la Turquie. Il est évident qu’après cela, la Turquie se retrouvera impuissante lorsque l’Amérique ne sera plus une superpuissance et, par conséquent, qu’elle le veuille ou non, elle se soumettra aux diktats de la superpuissance appelée Union européenne. Il est à noter que l’année dernière, lorsque Sarkozy a annoncé la création d’un État méditerranéen commun, l’Allemagne a revu sa position et a accepté que la Turquie ne rejoigne pas l’Union européenne, mais soit, en tant que pays asiatique, intégrée à cet État méditerranéen commun. L’Union européenne, forte de son pouvoir, poursuit aujourd’hui une politique de dépendance économique envers l’Allemagne, tirant les leçons du passé afin de la contrôler plus facilement, sans qu’elle puisse prendre d’initiatives ni éprouver d’ambitions propres. Le transfert de Nokia en Roumanie résout ainsi un double problème : d’une part, freiner les ambitions allemandes, et d’autre part, montrer à la Roumanie qu’elle doit se soumettre à l’Union européenne et ne pas se rebeller sur la question de la séparation de son littoral de la mer Noire. Il n’est pas nécessaire d’intéresser particulièrement la Bulgarie, puisque 30 % de ses parlementaires sont turcs, et ils régleront volontiers ce problème sans dépenses ni promesses inutiles. Il y a quelques jours, on apprenait que l’industrie légère grecque était délocalisée en Bulgarie, apparemment pour affaiblir la Grèce et la mettre à genoux.

De prime abord, il semble étrange que tous les pays de l’UE soient devenus membres de l’espace Schengen, à l’exception de la Bulgarie et de la Roumanie. Concrètement, cela signifie que dans un avenir proche, il faut s’attendre à des processus séparatistes internes dans ces pays, entraînant la sécession de leurs régions côtières et leur rattachement à l’État commun de la mer Noire. Ce processus ne devrait se concrétiser qu’après la séparation de la Crimée et de la région d’Odessa de l’Ukraine, peut-être même simultanément (ce qui explique le comportement apparemment illogique de Ioulia Timochenko ces dernières années). C’est pourquoi il est essentiel que la Géorgie et l’Ukraine, ainsi que le Kosovo, adhèrent à l’OTAN, afin que la création d’un État commun de la mer Noire soit pleinement encadrée et contrôlée par l’OTAN.

– Solutions politiques ou juridiques aux problèmes nationaux et internationaux ? Le droit a toujours été mis à mal par le recours à des solutions politiques brutales, tant sur le plan international que national. Le XXe siècle est devenu le plus violent et le plus sanglant de l’histoire de l’humanité, car après les deux guerres mondiales, les solutions juridiques internationales consacrées par la Société des Nations et l’ONU ont été ignorées. On leur a préféré des solutions dites politiques. Or, ces solutions politiques consistaient essentiellement à dicter et imposer leur volonté aux autres pays depuis la position de puissance d’une ou plusieurs superpuissances. Si, avant la Première Guerre mondiale, la communauté internationale avait interdit l’utilisation d’armes chimiques, il s’est avéré qu’elles ont été utilisées pendant ce conflit. Afin de prévenir de futures guerres, de nouvelles normes, lois et principes juridiques internationaux ont été créés, censés être mis en œuvre par la Société des Nations elle-même. Ils ont fonctionné tant que les pays victorieux et vaincus étaient en voie de reconstruction. Dès les années 1930, lorsque l’objectif de provoquer une nouvelle guerre mondiale fut fixé, les superpuissances qui la soutenaient et les petits pays sous leur influence ont rendu inopérants la Société des Nations et le droit international. Le même scénario s’est reproduit au moins cinq à dix ans après la Seconde Guerre mondiale. Ce processus s’est accéléré en 1995 avec l’effondrement de l’URSS et du bloc socialiste, durant lequel, en premier lieu, les droits des peuples de tous ces pays ont été bafoués, toutes les dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’homme ont été violées à leur égard, et ce que l’on appelle la politique internationale est passée du domaine juridique à celui des prétendues solutions politiques et volontaires. Face à la perte de crédibilité continue de l’ONU ces dix dernières années, la question de sa dissolution est aujourd’hui soulevée sans vergogne. Une question se pose alors : qu’importe pour les prétendus défenseurs de la volonté politique de ces puissances, une tragédie humaine vieille d’un siècle leur paraît-elle insignifiante, alors qu’elles provoquent déjà une troisième guerre mondiale d’une manière inédite, jour après jour ?

Affirmer qu’il s’agit d’un processus irréversible et qu’il est impossible d’arrêter le mal est une erreur. Il n’est pas trop tard, il est possible de l’empêcher, à condition qu’au moins la majorité des pays développés, forts de la volonté collective de leurs peuples, se lèvent pour défendre l’ONU et empêcher toute tentative de la discréditer et de la dissoudre. L’ONU doit également s’orienter vers la construction d’une structure forte et efficace, capable de réguler les processus naturels de l’humanité. De plus, indépendamment de la puissance militaro-politique et de l’agressivité d’un État, toute personnalité politique, étatique ou publique impliquée dans la propagande et la préparation de la guerre doit être tenue responsable devant l’ONU elle-même. Ainsi, à l’instar de la Seconde Guerre mondiale, il n’y aura pas de nouveau Nuremberg, où les criminels de guerre seront traduits en justice et condamnés après la tragédie. (Voir page 15, « La Serbie va poursuivre les pays qui ont reconnu le Kosovo »)

Il est certain qu’aucun peuple, et surtout pas les États-Unis, ne souhaite la guerre, ni que d’autres pays y entrent. Sans compter que le nombre de bellicistes et d’instigateurs de guerre parmi les six milliards d’habitants de la Terre représente moins d’un millième de pour cent. La question se pose : la communauté internationale, avec ses structures, permettra-t-elle cette fois-ci à une poignée de criminels de plonger l’humanité dans le chaos, le désastre et la tragédie à l’échelle planétaire ?

– L’Union européenne : un conflit potentiel entre la superpuissance et les États-Unis : Depuis 1947, après avoir trompé, désorienté et manipulé les peuples européens grâce au fameux programme d’Alan Dulles, la question de la transformation de l’Union européenne, d’une structure internationale de coopération régionale en une superpuissance, est désormais ouvertement posée. Autrement dit, par le réalignement des deux pôles que sont l’ex-URSS et les États-Unis, un nouveau pôle est en train d’être créé : une superpuissance, sans même consulter les peuples d’Europe, sans savoir s’ils le souhaitent ou non… Ils ne le font pas, car ils savent qu’au moins les Français et les Néerlandais l’ont déjà rejeté par référendum. Ils ont raison de dire que tout cela relève des « normes européennes » de démocratie, car elles n’ont rien à voir avec la démocratie véritable et naturelle.

N’est-ce pas en raison de ses ambitions de dirigeant d’une superpuissance ou des « normes européennes » de démocratie que Terry Davis, il y a quelques mois, a tenu des propos ouvertement arrogants envers les autorités et le peuple arméniens, faisant fi de toute diplomatie, se livrant à des comparaisons inappropriées et irrespectueuses et formulant des formulations politiquement et juridiquement inexactes à l’égard de l’État et du peuple d’Artsakh ? Une question importante se pose : ce haut responsable de l’Union européenne ignore-t-il le droit international ? Si tel est le cas, il n’est pas digne de la fonction qu’il occupe. Et s’il le connaît, mais fait fi des normes juridiques internationales, il ne correspond pas aux véritables normes européennes de démocratie, si tant est qu’elles existent. D’ailleurs, les autorités arméniennes ont tenté d’ignorer l’incident, mais nous ne pensons pas que notre peuple ni le temps qui passe implacablement oublieront les propos de Terry Davis (voir page 16, « Visite du secrétaire général de l’APCE, Terry Davis, en Arménie »).

Revenons-en à notre sujet. L’adoption du document fondateur de la superpuissance européenne était prévue pour mars de cette année. De ce fait, l’Europe cherchait à reporter la déclaration d’indépendance du Kosovo jusqu’en mai. Les États-Unis se sont alors précipités dans ce dossier et ont, de fait, scindé l’UE en deux, compromettant l’adoption de la Constitution européenne et la mise en place d’autorités supranationales. Ce fait indique que les États-Unis ne refusent plus de céder leur place de superpuissance mondiale à l’UE.

– Congo, Kosovo, Caucase. Les événements survenus au Kosovo ces derniers mois ont éclairé d’un jour nouveau un passage apparemment obscur de l’article de Ralph Peters : « Et pour tous ceux qui refusent d’imaginer l’inimaginable, déclarant que les frontières sont définitives et immuables, il est bon de rappeler que les frontières n’ont jamais été statiques, stables. Elles ont évolué au fil des siècles et continuent d’évoluer (du Congo au Kosovo et au Caucase).» À première vue, il est incompréhensible de mentionner ces trois territoires ensemble. Cependant, rappelons-nous qu’il a récemment été déclaré publiquement que le Kosovo servirait de quartier général pour le déploiement des forces militaires et policières des États-Unis d’Europe, indépendantes des pays européens. Leur rôle principal serait de mener des opérations de police contre tout pays européen s’opposant aux autorités supranationales de l’UE. Il s’avère que le rôle et l’importance de missions similaires sont attribués au Congo, en Afrique centrale, contre les pays des États-Unis d’Afrique. Quant au Caucase, il servirait à asseoir le contrôle du carrefour arménien des civilisations et des unions méditerranéenne, de la mer Noire et caspienne, tout en coordonnant la politique des États-Unis et de l’UE dans ces régions. C’est précisément ce qui explique l’intensification de l’émigration arménienne et géorgienne hors des pays de la région, notamment d’Arménie et de Géorgie. En effet, les populations autochtones s’opposeront au déploiement de bases militaires et policières sur leur territoire. La destruction de l’industrie et la désintégration de la science et de l’éducation contribuent également à l’intensification de l’émigration. Quant à ceux qui servent sur la base militaire de l’OTAN, ce rôle sera probablement réservé aux Kurdes.

– La véritable raison du conflit israélo-palestinien. Depuis plusieurs décennies, les affrontements entre Palestiniens et Israéliens sont devenus une réalité quotidienne. Une question se pose : ne sont-ils pas las de cette situation contre nature ? Quelle est la véritable raison de vivre ainsi ? Le conflit israélo-palestinien est conditionné par une seule circonstance : le refus d’accorder à la Palestine un accès à la mer, car cela ne correspond pas au projet de création d’un État méditerranéen commun, où Israël serait séparé de la Palestine. Il ne fait aucun doute qu’Israël accepterait volontiers la création d’un État palestinien indépendant si tous les Palestiniens de la bande de Gaza étaient déplacés profondément à l’intérieur de ses frontières. Selon les données d’EuroLandsat, qui a récemment couvert les élections dans la partie grecque de Chypre, Sarkozy lancera dans les prochains mois le processus de création d’un État méditerranéen commun, incluant la soi-disant République turque de Chypre du Nord, située hors de l’Union européenne. C’est selon la même logique que le camp palestinien situé près de la mer, au nord du Liban, fut démoli, car lui aussi, d’après la carte de Ralph Peters, devait rejoindre l’État méditerranéen commun.

– Démocratie ou néo-esclavage ? Depuis vingt ans, les expressions « valeurs européennes » et « démocratie occidentale » sont omniprésentes. Les films et documentaires présentent fréquemment l’Empire romain comme le berceau de la démocratie et le foyer de la civilisation. On oublie que la prétendue démocratie de l’Empire romain était un moyen de consolider le pouvoir d’un État esclavagiste par le biais d’élections, ce qui n’a rien à voir avec la démocratie naturelle. Les constitutions des États-Unis et du Royaume-Uni sont citées comme exemples de démocratie occidentale, mais il convient de rappeler que ces deux pays n’ont officiellement aboli l’esclavage qu’entre 1860 et 1865. Même un écolier peut constater, au niveau élémentaire de la science politique, que les modèles occidentaux de démocratie sont en réalité des modèles d’États démocratiques esclavagistes, avec leurs objectifs, aspirations et attentes à long terme.

– Intégration européenne ou hégémonie d’une nouvelle puissance européenne ? Depuis 2001, l’Arménie s’est officiellement engagée dans le processus d’intégration européenne. Après l’échec de 2005, il est devenu incontestable que l’Union européenne, cette structure internationale régionale, a révélé son véritable problème et, selon de récentes assurances, elle se transformera dans les mois à venir, même contre la volonté des peuples européens, en une superpuissance supranationale. Dès lors, que faire ? Persister dans l’aveuglement et continuer à se soumettre à l’hégémonie d’une superpuissance, ou réintégrer la communauté internationale en tant que pays libre, indépendant et souverain, menant sa propre politique étrangère et intérieure ?

– Pourquoi la Cour internationale de Justice n’a-t-elle pas encore condamné le génocide arménien ? Le fait que, de 1921 au printemps 1988, le peuple d’Arménie soviétique n’ait pas eu le droit de porter la question de la condamnation du génocide devant une juridiction internationale s’explique par des raisons bien connues. Malheureusement, on a occulté le fait que, depuis 1986, la politique occidentale a tout fait pour empêcher l’Arménie officielle de saisir l’ONU et la Cour de La Haye sur cette question. On a également oublié qu’en 1986, sur ordre du Comité central du Parti communiste d’Arménie, le président de l’Union des écrivains d’Arménie avait écrit un livre sur le pardon du génocide et la nécessité de ne pas se complaire dans le passé. Cet ouvrage fut d’ailleurs traduit en serbe à la même époque. Les raisons de sa rédaction n’ont été connues qu’après février 1988, et celles de sa traduction en serbe après l’éclatement de la Yougoslavie et les événements tragiques du Kosovo. On s’attendait à ce que les Serbes soient également informés que si les Arméniens avaient subi un tel génocide et se rapprochaient des Turcs, alors les Serbes devraient accepter la cession de leurs territoires aux Turcs. Cependant, Moscou et l’Occident, ainsi que les dirigeants du mouvement arménien, furent incapables d’empêcher la demande populaire d’une loi condamnant le génocide par le Soviet suprême d’Arménie soviétique le 22 novembre 1988. Il est à noter qu’ils parvinrent à empêcher que l’affaire ne soit portée devant l’ONU et la Cour de La Haye jusqu’à l’effondrement de l’URSS. Après cela, l’Occident adopta un rôle préventif.

Tant que les autorités arméniennes, cédant aux pressions, pour le moins, de certains, ne saisiront pas la Cour internationale de Justice, elles ouvriront la voie à la répétition du génocide avec la même brutalité, non seulement en Arménie, mais aussi dans plusieurs autres pays du monde dans un avenir proche. Ce faisant, elles contribuent aux intérêts des forces misanthropes et militaristes, pour qui il est primordial de commettre impunément de nombreux crimes contre l’humanité sous couvert d’une Troisième Guerre mondiale. Ce n’est pas un hasard si les commissaires européens, avec leurs exhortations péremptoires, exigent des autorités arméniennes l’ouverture de la frontière avec la Turquie et l’établissement de relations diplomatiques, sans se soucier de la nature de cette frontière ni des pays concernés. D’ailleurs, les représentants de l’élite politique arménienne se déclarent prêts à exécuter cette instruction, sans même se rendre compte qu’on les incite à devenir complices d’un crime contre l’humanité. Tant que le criminel reste impuni, l’établissement de « relations de bon voisinage » avec lui constitue, de fait, une propagande génocidaire manifeste, contraire à la Charte des Nations Unies et aux normes juridiques internationales (voir pages 7 et 32, « Le procès d’un écrivain turc s’ouvre à Ankara » et « L’indignation des spécialistes du génocide juif… »).

– Concernant la question des solutions politiques aux relations arméno-turques : ces dernières années, les commissaires et émissaires européens, qui sillonnent l’Arménie quotidiennement, 365 jours par an, se contentant d’imposer leurs services, proposent et imposent systématiquement des solutions politiques à tous les problèmes qui requièrent une solution juridique internationale. Peter Semneby, participant aux discussions sur la normalisation des relations arméno-turques à l’Assemblée nationale de la République d’Arménie, sait pertinemment que la question s’inscrit pleinement dans le cadre juridique international, notamment avec les conventions « Sur la prévention et la répression du crime de génocide » (1948), « Sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité » (1968) et « Mesures à prendre contre la propagande et l’incitation à la guerre » (1947).

Autrement dit, d’un point de vue juridique international, la normalisation des relations arméno-turques implique :

  1. Conformément à la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide, le pays qui a perpétré le génocide arménien de 1915-1923 et son successeur, la Turquie, seront condamnés par la Cour de La Haye. Il convient de rappeler ici les propos de Garegin Nzhdeh : « Pardonner un crime à la Turquie, c’est en pardonner deux autres.»
  2. Conformément à cette même convention et à la Charte des Nations Unies, il est nécessaire d’éliminer les conséquences du génocide, c’est-à-dire : la libération des territoires occupés, le rapatriement en toute sécurité des Arméniens par l’intermédiaire des Casques bleus et l’indemnisation des victimes.
  3. Lorsque la République d’Arménie aura retrouvé son équilibre et sa pleine stabilité, des relations diplomatiques pourront être établies entre elle et la Turquie.

Affirmer que Peter Semneby ignore tout cela serait un euphémisme, mais dans ses discours, il a exhorté les autorités arméniennes à établir des relations et à ouvrir les frontières, présentant cela comme une solution politique et une question exigeant une volonté politique. En réponse, le président de l’Assemblée nationale arménienne affirme que les autorités arméniennes sont capables de faire preuve de cette volonté politique, tant pour établir des relations avec la Turquie que pour ouvrir les frontières. Le plus inquiétant est que les deux intervenants savent pertinemment qui, dans un pays démocratique, décide de la politique, qui fait preuve de volonté politique et qui la met en œuvre. Ils savent tous deux pertinemment que dans une Arménie démocratique, la politique est déterminée par le peuple, par l’expression de sa volonté collective. Ils savent également pertinemment qu’une résolution nationale adoptée le 23 août 1990 et la Déclaration d’indépendance de l’Arménie, ratifiée par référendum national le 21 septembre, définissent la forme et le contenu de la normalisation des relations arméno-turques, conformément aux normes juridiques internationales.

– Confiscation des armes illégales ou désarmement des milices ? En 1988, après Sumgait, le gouvernement soviétique a désarmé tous les Arméniens vivant dans notre région. S’en sont suivies les attaques brutales des hordes azerbaïdjanaises contre les localités sans défense d’Artsakh et de la République d’Arménie. Est-il encore utile de rappeler la valeur réelle (et non le prix) d’un simple fusil de chasse ou d’un pistolet rouillé à cette époque ? En 1908, les Arméniens de l’Ouest furent désarmés par les appels révolutionnaires et constitutionnels des Jeunes-Turcs, et en 1915 eut lieu le génocide arménien. En 1918, le traité d’amitié arméno-turc signé à Batoumi désarma les volontaires arméniens de l’Ouest qui avaient remporté des victoires en mai et les Arméniens de l’Est partis combattre pour la libération ; en 1920, les armées turques lancèrent une nouvelle offensive contre l’Arménie. En particulier, le point 6 du traité de Batoumi stipulait : « Le gouvernement de la République d’Arménie s’engage à lutter activement contre l’organisation et l’armement de groupes armés sur son territoire, ainsi qu’à désarmer et disperser tous les groupes qui tentent de s’y cacher. » Aujourd’hui, aucun traité de paix ou de réconciliation n’a été signé avec l’Azerbaïdjan. De plus, ce dernier menace quotidiennement l’Artsakh et la République d’Arménie d’une nouvelle guerre et d’une agression. Une question se pose : sur les conseils ou par volonté politique de qui la campagne de désarmement des milices arméniennes a-t-elle été menée ouvertement ou clandestinement pendant les élections présidentielles de la République d’Arménie ? Et comment l’Arménie pourra-t-elle assurer sa pleine défense en cas d’invasion ?

– Arménie et identité arménienne. Force est de constater que l’économie de la République d’Arménie, contrairement à 1988, est dans un état tel qu’elle ne peut résister à cette menace de chaos mondial, même pour quelques mois, voire quelques semaines. Ce n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat d’ordres et d’exhortations venus de l’extérieur. Cependant, la situation n’est nullement désespérée et, si nécessaire, dans le cadre de la mise en œuvre d’une politique nationale, il est possible de restructurer rapidement l’économie et de résister aux pressions socio-économiques. Quant aux scénarios d’opérations militaires et de conflits dans notre région, l’organisation s’en trouve grandement facilitée, et nous sommes convaincus que toutes les difficultés que nous avons anticipées seront vaines, car le peuple arménien n’a nulle part où se replier et possède une expérience de l’auto-organisation accumulée depuis des siècles. Le temps est venu pour les nations et les civilisations anciennes, condamnées à la destruction par certains milieux occidentaux depuis le début du siècle dernier, de faire entendre leur voix et d’assumer leurs responsabilités (voir page 6, « Dans le monde moderne, on détruit ceux qui s’agenouillent »).

En 1988, les Arméniens et l’Arménie ont sonné l’alarme, dont le son résonne encore aujourd’hui. Telle est la réalité lorsque la question de l’existence se pose à l’humanité entière, question qui a été à la base de tout le sanglant XXe siècle ; il s’agit donc d’une réalité naturelle. L’humanité, en fin de compte, doit se débarrasser de cette laideur qui mène à l’autodestruction, et les Arméniens doivent reconstruire tout ce qu’ils ont perdu.

Forte de sa tradition politique millénaire, l’Arménie ne doit pas participer à ce nouveau chaos mondial qui s’est déchaîné. Elle doit appeler les pays développés à adopter une stratégie d’autodéfense globale et efficace, et à ne en aucun cas prendre part à une Troisième Guerre mondiale. Que l’Occident se fasse la guerre, si ses peuples le permettent.

Auteurs: Simon Kamsarakan, Tigran Pashabezyan

Magazine «Ukht Ararati» (arménien:. «Ուխտ Արարատի»)

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