VI Forum «Arménie-Diaspora 2017». Saïda Oganyan: «Problématique concernant le retour à leurs sources arméniennes, à leur appartenance nationale et au renforcement de leur conscience nationale de la jeunesse hamshen». Rapport

Le thème concernant le retour à leurs sources arméniennes, à leur appartenance nationale et au renforcement de leur conscience nationale de la jeunesse amshen est compliqué et profond autant que la problématique des arméniens pratiquant d’autres religions tels les crypto-arméniens,  arméniens islamisés, phénomène apparu dès  le début du XIXe siècle, concommitant aux pages tragiques de l’histoire de notre peuple et voulu par les gouvernements successifs osmanien, Jeunes Turcs et kémaliste jusqu’à l’anéantissement  physique et spirituel total des arméniens.

Le secret caché de ses racines arméniennes, pour la troisième ou quatrième génération post-génocide, peut ressurgir avec force sous un jour nouveau. D’après les interview non officielles menées en Arménie Occidentale, un individu sur trois  reconnait avoir une grand-mère arménienne. Cette réalité, cachée jusqu’il n’y a pas longtemps, démontre clairement que la nouvelle génération tente de retrouver son identité arménienne.

Tout en dissimulant leur identité, les crypto-arméniens ont continué non seulement à pratiquer certaines coutumes nationales et religieuses mais encore à rechercher pour se marier des personnes comme eux et, en outre,  sans attacher d’importance aux différences d’âge, de classe sociale et autres différences. Ils ont perpétué cette tradition également en Europe où ont émigré leurs nombreuses familles.

Il est de notoriété que l’Etat turc enregistrait les arméniens islamisés d’une certaine façon,  de manière à rendre plus facile leur véritable identification. Dès le début du XIXe siècle, dans les registres figuraient chaque village et son clan arménien, islamisés de force et qui avaient réchappé au génocide.

Hurrye Chahine, écrivain et chercheur, dans son livre «Comment la politique d’assimilation liquide les langues: histoire des arméniens et arméniennes Amshen» écrit ceci: «Il existe dans le monde d’autres sociétés qui se sont unies autour de la langue et non de la religion. Il ne faut pas mélanger religion et origine ethnique. L’affirmation «un arménien ne doit pas être musulman» n’est pas exacte et ne se réfère pas à une approche scientifique. Nous devons surmonter cette attitude. Il est indispensable que les arméniens placent au premier plan non pas la religion mais l’authenticité originelle et la langue».

La résolution de la Question Arménienne ne se résume pas aux territoires perdus, aux millions de massacrés et chassés pendant la période du génocide. L’islamisation forcée des arméniens aux XIXe-XXe siècles procède également d’un génocide.

Mais pas tous les arméniens islamisés de Turquie ont perdu leur identité. Ils ont continué à prier en arménien et ont  conservé le lien et l’héritage générationnel.

Bien que restés sur leur sol ancestral et dans leur majorité contraints de changer de religion, les arméniens ont su préserver un mode de vie caché: ils ont conservé leur identité nationale – se cramponnant à ce fin fil d’Ariane qui tôt ou tard les sortira des ténèbres du Centaure.

Ainsi, en s’appuyant sur les éléments que nous possédons, on peut conclure que l’assimilation des arméniens d’Arménie Occidentale, en Amshen, non seulement n’a pas abouti et on observe une véritable tendance au retour aux racines.. C’est la raison pour laquelle il est indispensable de recourir à toutes les possibilités qui permettront d’aider nos frères et soeurs amshen en ce sens.

Il s’agit d’un travail auprès des structures officielles de l’ONU, des instituts de diplomatie populaire (contact personnel direct entre arméniens amshen d’Abkhasie, de Sotchi, d’Arménie Occidentale, d’Amshen, intérêt profond des gens pour leur passé), par la presse, l’internet, par la création de foyers culturels et d’éducation arméniens et par le biais des SMI.

Malheureusement  en Abkhasie, Russie, République d’Arménie, Turquie, Arménie Occidentale – en Amshen – les SMI amshen (la presse écrite ou bien électronique) existent peu, surtout en arménien – ainsi  la population amshen est sous-informée de ses propres problèmes et des défis à relever.

Comme exception on peut nommer le mensuel «La voix amshanakan», la série radiodiffusée «Les fables amshen» (rédacteur et auteur Serge Vardanyan, Erévan) et la revue «Amshen» (rédacteur Mikhaïl Kouzoub, Krasnodar).

Remédier à cette situation doit devenir un objectif primordial à l’ordre du jour des arméniens amshen.

Nombreux sont ceux qui, tout au long de l’histoire de l’humanité, se sont occupés à falsifier l’histoire mais la tête  criminelle turque s’y est surpassée.Cela ne signifie pas qu’elle ait réussi à gommer la mémoire – la mémoire des descendants des génocidés.

Grâce à Dieu des descendants directs de génocidés sont encore en vie et prêts à authentifier ces faits.

Nous travaillons d’après des documents, des témoignages qui doivent instruire les juges et tribunaux internationaux, qui, de manière définitive et irréfutable, permettront de condamner ce crime abyssal contre l’humanité et rétabliront dans ses droits bafoués notre peuple.

Ce qu’ont fait les turcs – anéantissement programmé des arméniens – à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle jusqu’en 1923 – s’apparente au mal absolu. Ils doivent être contraints à une punition méritée pour avoir privé tout un peuple de sa Patrie et sur les ossements de nos ancêtres ils se gavent de l’héritage  kémaliste.

Le jour de la résolution définitive de la Question Arménienne n’est pas si lointain avec la réalité d’une République indépendante arménienne en Arménie Occidentale  Cilicie incluse.

Ce fait peut constituer le fondement du retour de la jeunesse amshen vers ses racines arméniennes, son identité et sa conscience nationale.

Saïda Oganyan,

Député de l’Assemblée Natioale (Parlement) de l’Arménie Occidentale,

Responsable du mouvement féminin international «Hamshenian» pour le rassemblement  des arméniens Hamshen.

Erévan,

19.09.2017

 

Conférence pour le VI-e Forum «Arménie-Diaspora 2017»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo – Valery Unanyants

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